___________Oui, c'est toi, uniquement toi, mon tout, ma meilleure amie. Je suis sûre que tu reconnais la photo, cette photo mythique, prise devant chez toi il y a presque un an jour pour jour, où on était coiffées comme des zombies. Et pourtant on était belles. Oui, parce que peu importe la tête qu'on fera sur une photo insignifiante, on sera toujours belles, du moment qu'on sera toutes les deux. Tu sais très bien que parfois je doute de cette merveilleuse amitié, que je ne suis plus sûre de ce que je veux, et qu'il peut m'arriver de tout foutre en l'air sans aucune raison. Mais là encore, être désolée ne changera rien, parce que c'est ce qui fait de notre amitié une relation exceptionnelle, que personne au monde ne pourra immiter. Parce que c'est toi, et moi. Parce que c'est nous, qu'on est ensemble, et que c'est tout. On se connait depuis toujours, c'est ensemble qu'on pleurait à la maternelle quand nos mères partaient, et c'est ensemble qu'on rit aujourd'hui. Parce que les temps changent, et que nous aussi, nous changeons. Ce texte peut sembler nostalgique pour certains, mais à vrai dire c'est le sentiment que j'éprouve en l'écrivant, car si pour beaucoup la rentrée signifie "devoirs/boulot/profs-de-merde/brevet", pour moi elle signifie dernière année dans ce petit collège mitteux, et donc dernière année avec toi. Ma meilleure amie. Celle que je cottoie tous les jours depuis bientôt onze ans, celle avec qui j'ai grandi, celle avec qui j'ai tout appris, celle qui représente toute mon enfance & ce que je connais de l'adolescence. Pourtant, dans un an, ce ne sera plus en 3ème que nous rentrerons, mais en seconde, et là, nous devrons nous séparer, réellement, pour tracer l'avenir que chacune a devant elle. J'ai peur. J'ai peur que plus tard, quand on aura trouvé un bon mari et qu'on aura de beaux enfants, tu m'oublies. Et j'ai aussi peur de t'oublier, toi. D'oublier tout l'amour que je ressens pour toi aujourd'hui, d'oublier tous les souvenirs qui nous unissent, d'oublier la couleur de tes yeux, le son de ta voix, les traits de ton visage... Je sais que c'est comme ça, qu'on n'y peut rien, et que c'est ça grandir. Il n'empêche que pour l'instant, le "jtdr" de la fin des articles ne peut même pas t'être adressé. Car je ne t'adore pas Léa, je t'aime.
Ma meilleure amie.